Vous avez peut-être remarqué que je ne vous parle pas de saints connus comme Saint Marc avant hier. D’autres le font mieux que moi. Je préfère vous présenter des saints méconnus et, aujourd’hui, il est urgent de réhabiliter Saint Gérard, patron secondaire du diocèse de Bordeaux, injustement délaissé. Il y a 14 Saints Gérard répertoriés. Pour le moment ! Je me suis lassé de corriger celles ou ceux qui bien aimablement me souhaitent bonne fête le 3 octobre, le 11 août; le 16 octobre ou encore le 23 avril ! Qu’ils en soient ici remerciés mais, qu’on se le dise, je veux privilégier les produits locaux et je vénère donc Saint Gérard de Corbie, célébré en Gironde le 27 avril. En Gironde ? Voyez plutôt : Il vécut dans l’abbaye alors florissante de Corbie (près d’Amiens) où il était entré en 1032, il y a donc quelques lunes. 40 ans après un moine profite de l’absence de l’abbé pour faire un coup d’état, ou plutôt un coup d’abbaye. (Notez au passage l’intérêt, pour un moine et a fortiori un abbé, de rester confiné !) Gérard en profite pour mettre les bouts et voilà qu’étant de passage à l’abbaye de Laon il y est élu abbé, en remplacement de son frère ! Mais c’est un échec, les moines s’apercevant un peu tard que Gérard voulait suivre sérieusement la règle de St Benoît, ce qui, pour un bénédictin, est la moindre des choses. On le pousse alors vers la sortie, direction Soisson où, rebelote, il est élu abbé et … devinez la suite. Avec tout ça nous arrivons en 1079. Gérard a 60 ans. Il en a marre de ramasser les pots cassés (aucun rapport avec Soisson !) et décide de fonder sa propre abbaye. Une triple volonté l’anime : le souci de pratiquer comme il faut la règle de St Benoît, le désir d’être à l’écart des pouvoirs temporels et la vocation évangélisatrice « apprise » dans son abbaye d’origine. C’est ainsi qu’il pose ses bagages dans l’Entre-deux-Mers, aujourd’hui La Sauve Majeure, la grande forêt. (illustration : St Gérard, musée de l’abbaye de La Sauve) Bon, ça été un grand succès pendant environ deux siècles, ce qui n’est déjà pas si mal, rien ne vous empêche d’essayer d’en faire autant ! Mais, côté évangélisation … on peut dire qu’au milieu du 19° il y avait encore du chemin à parcourir puisque le cardinal Donnet en 1860, voulant empêcher le Langonnais Louis Beaulieu de partir aux Missions Etrangères de Paris, lui donna comme argument : « Vous voulez des sauvages à convertir ? Nous vous en donnerons dans certains coins de la Benauge ! » Revenons-y justement dans la Benauge que ce monastère a transformé ; quant à l’évangélisation, nous savons qu’elle est à faire et à refaire, et même chaque matin. Gérard mourut là le 5 avril 1095 et fut canonisé le 27 avril 1197. Ses reliques sont dans l’église St Pierre de La Sauve, bien que l’on ait un petit morceau à Saint André de Cubzac. Promis, je n’y suis pour rien et je n’en connais d’ailleurs pas l’histoire ! Pour plus de détails après cette brillante bio je vous conseille le site : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/6440/Saint-Gerard-de-Corbie.html Et surtout la vie de Saint Gérard, écrite au XII° siècle par un moine anonyme de l’abbaye de La Sauve. Collection Archives et chroniques de L’Entre-deux-Mers Pour finir, pas pour conclure : en bientôt 43 ans de baptêmes, ce qui en fait quelques-uns au compteur, je n’ai jamais baptisé d’enfant, ni d’adulte, du nom de Gérard. Mais il y a quelques temps une lumière a luit : le 22 avril 2018 j’ai baptisé à Saint André de Cubzac un enfant nommé, Gabriel, Gérard en 2° prénom. Alléluia !
20 avril 2020


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